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La délégation des crèches municipales n’apportera rien de positif pour les Charentonnais

Lors du Conseil Municipal du 27 juin 2018, la majorité proposait de recourir à une délégation de service public (DSP) pour l’exploitation de la future crèche multi-accueil Paris. Cette crèche devrait ré-ouvrir prochainement dans le quartier de l’Hôtel de Ville, suite à sa fermeture en 2017 en raison d’un incendie.

Intervention de Loïc RAMBAUD en séance du 27 juin 2018

Monsieur le Maire,
en accompagnement de la présente délibération qui est soumise au vote et qui nous propose de recourir à une concession pour la crèche multi-accueil Paris, qui rouvrira en 2019, comme le précisait Madame KADOUCH, il y a un rapport riche en informations. J’espère d’ailleurs que mes collègues, au sein de ce Conseil, en ont pris connaissance, car il est fort intéressant.

Qu’apprend-on dans ce rapport ?
Que le service Petite Enfance de la Ville de Charenton est exemplaire, qu’il offre une prestation et un fonctionnement de qualité ; les utilisateurs de ce service en sont tout à fait satisfaits. On y apprend que le personnel municipal qui y travaille est d’une qualité et d’une expérience remarquables, et qu’il existe même un pool de remplaçants qui permet de pallier les imprévus ou d’améliorer, le cas échéant, le taux d’encadrement des enfants, un peu comme une cerise sur le gâteau, en quelque sorte. En matière économique et budgétaire, le service est tout à fait comparable à ce que l’on peut retrouver ailleurs, dans d’autres villes. On peut même y trouver une marge de progression qui pourrait nous permettre de réaliser quelques économies – cela fait partie des recommandations qui sont faites par ESPELIA (ndlr le cabinet qui conseille la municipalité sur ce point) en développant la fonction accueil occasionnel et en augmentant le taux de facturation. Si je souligne ce point, c’est notamment pour dire que le coût de revient de ce service pourrait être réduit, et donc lorsqu’on utilise le coût pour inciter à une Délégation de Service Public, on pourrait peut-être d’abord travailler à la réduction de ce coût.

À l’inverse, dans le rapport, et c’est tout à son honneur, on peut lire que l’expérience de la mise en délégation du multi-accueil Bleu à Charenton a été quelque peu difficile, que de nombreux mécontentements se sont exprimés de la part de parents, et que même la Ville aurait des choses à redire, par exemple sur la qualité des recrutements réalisés. Certes, aujourd’hui, cela semble aller un peu mieux (au 30/10/2018 ce n’est finalement pas le cas), mais le constat est posé que les objectifs qualitatifs qui figuraient dans le contrat n’étaient probablement pas assez contraignants et qu’ils n’ont pas permis d’apporter l’assurance d’un service de qualité pour les Charentonnais.

Le plus ironique dans tout cela, c’est que l’un des arguments avancés pour la mise en DSP semble être de faire bénéficier les Charentonnais du savoir-faire reconnu d’une grande entreprise privée, alors qu’en réalité, cette entreprise semble loin d’être en capacité d’égaler la qualité de service proposée par le personnel municipal de la Petite Enfance.

Nous devons donc nous prononcer ce soir sur la possibilité de recourir, encore une fois, à une mise en DSP, cette fois pour le multi-accueil Paris. Nous allons nous prononcer contre cette délibération, car nous ne pensons pas que cette mise en DSP puisse apporter quoi que ce soit de positif pour les Charentonnais.

Notre vision du rôle d’une Municipalité est de faciliter la vie des citoyens, en leur proposant des services publics dequalité et efficaces. Alors oui, cela nécessite l’utilisation de l’impôt, payé par tous, pour financer le service de quelques-uns. C’est ce principe qui veut que tout un chacun puisse bénéficier, à un moment donné, d’un service au sein de sa commune. C’est ce qui augmente l’attractivité d’une ville et permet à ses habitants de s’y sentir bien, et l’on sait à quel point c’est important à Charenton, puisque la ville a été classée, notamment, dans le top des villes où il fait bon vivre, encore récemment. Un service public de haut niveau augmente donc la qualité de vie des familles et l’attractivité du territoire.

Ce que je vous décris là ressemble à la situation actuelle de Charenton, et votre choix de recourir à une DSP qui, je suis sûr, aura des suites – on a eu le multi-accueil Bleu, maintenant on a le multi-accueil Paris, on ne voit pas ce qui pourrait vous empêcher d’aller dans la même direction pour les autres structures – ce choix ne prend pas le bon chemin pour permettre de maintenir un service de qualité au bénéfice des Charentonnais.

En effet, votre logique nous semble purement comptable, vous ne voyez pas la réduction de la qualité, mais plutôt la grosse économie que vous allez réaliser. Cette attitude, nous ne la cautionnons pas, et en allant dans cette direction vous allez fragiliser le service municipal en place ; en réduisant progressivement le nombre de structures municipales, vous mettrez en péril le maintien des compétences acquises par le personnel, et c’est la qualité de service rendu qui se dégradera inexorablement. Je comprends votre intérêt particulier à vouloir à tout prix réduire le coût de fonctionnement de la ville dans le contexte actuel des réductions de dotations de fonctionnement, mais il faut aussi accepter le fait qu’une ville se doit de proposer des services municipaux de qualité et que cela représente un coût minimum qu’il est dangereux de vouloir rogner à tout prix. Un service public de la Petite Enfance est possible à Charenton, et ceci sans tomber dans la gabegie.

Merci.

Des économies au détriment des petits Charentonnais !

A la rentrée 2017, parents et enfants découvraient, non sans peine, la nouvelle organisation de la crèche « Bleu ». Sous couvert d’expérimentation, l’exécutif municipal avait décidé de déléguer la gestion de cet établissement petite enfance à une entreprise privée. Si nous n’étions pas fondamentalement contre le principe, les garanties que nous demandions quant au maintien de la qualité du service rendu aux Charentonnais ne nous avaient pas été fournies.
Nous le savions, la seule motivation de la majorité municipale résidait dans les économies réalisées par ce changement. C’est donc sans surprise que l’exécutif a récemment souhaité étudier l’opportunité de recourir à un prestataire privé sur une autre structure, le multi-accueil « Paris ». Pour ce faire, un cabinet a été mandaté afin de réaliser un diagnostic des différents modes de gestion, notamment sur les aspects qualitatifs.
« Retours négatifs des parents », « équipe moins qualitative », « manque d’activités »… A un peu moins d’un an d’exploitation, le bilan est sans appel : la délégation de service public à la crèche « Bleu » n’a pas permis d’assurer la même qualité de service qu’en gestion directe par la ville.
Nous regrettons que malgré ce constat indéniable, l’exécutif municipal ait choisit d’étendre ce mode de gestion, certes moins coûteux, au multi-accueil « Paris ». Car si nous ne négligeons pas l’enjeu d’optimiser la dépense publique, nous n’acceptons pas que cela soit fait au détriment des Charentonnais, et encore moins les plus jeunes d’entre eux.
Alison UDDIN, Conseillère Municipale

Budget Primitif de Charenton – Intervention de GM Bellaïche devant le Conseil Municipal du 11 avril 2018

Mes chers collègues,

J’ai failli commencer cette intervention par un satisfecit sur la nouvelle notoriété nationale, voire même internationale, de notre ville. Quel média n’a pas parlé de Charenton ces dernières semaines ?

Vous l’aurez noté, deux sujets ont occupé la presse concernant notre ville : d’une part le projet Charenton-Bercy et d’autre part le stationnement payant des deux roues. Nous avons, lors du précédent Conseil, indiqué quelles étaient nos ambitions, souvent partagées, pour le projet de Bercy.

Mais reconnaissez que ce qui a fait le plus parler de notre ville est le stationnement payant des deux roues et le fait que nous soyons les 1ers en France à le faire.

Alors être les pionniers, pourquoi pas ?

Mais, et c’est à l’image de ce que nous allons dérouler tout au long de ce débat, être les premiers sur un nouvel impôt, non pardon et c’est toute la subtilité de votre gestion, pas un nouvel impôt mais une nouvelle charge imposée, je m’en serai bien passé.

Car, c’est ainsi qu’est construit l’architecture de ce Budget Primitif 2018.

D’un côté Charenton Magazine annonçant, à la manière des publicités sur les crédits voitures, 0% d’augmentation des impôts et après en petit, mais comme vous ne prenez même pas la peine de le faire c’est à nous de le dire, les conditions de ce 0% sont éloquentes… Attention à la publicité mensongère…par omission !

C’est vrai la part communale d’imposition ne va pas variée…mais c’est bien la seule ! Tout d’abord si le taux ne change pas les bases elles évoluent par décisions gouvernementales. Continuer la lecture