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Budget Primitif de Charenton – Intervention de GM Bellaïche devant le Conseil Municipal du 11 avril 2018

Mes chers collègues,

J’ai failli commencer cette intervention par un satisfecit sur la nouvelle notoriété nationale, voire même internationale, de notre ville. Quel média n’a pas parlé de Charenton ces dernières semaines ?

Vous l’aurez noté, deux sujets ont occupé la presse concernant notre ville : d’une part le projet Charenton-Bercy et d’autre part le stationnement payant des deux roues. Nous avons, lors du précédent Conseil, indiqué quelles étaient nos ambitions, souvent partagées, pour le projet de Bercy.

Mais reconnaissez que ce qui a fait le plus parler de notre ville est le stationnement payant des deux roues et le fait que nous soyons les 1ers en France à le faire.

Alors être les pionniers, pourquoi pas ?

Mais, et c’est à l’image de ce que nous allons dérouler tout au long de ce débat, être les premiers sur un nouvel impôt, non pardon et c’est toute la subtilité de votre gestion, pas un nouvel impôt mais une nouvelle charge imposée, je m’en serai bien passé.

Car, c’est ainsi qu’est construit l’architecture de ce Budget Primitif 2018.

D’un côté Charenton Magazine annonçant, à la manière des publicités sur les crédits voitures, 0% d’augmentation des impôts et après en petit, mais comme vous ne prenez même pas la peine de le faire c’est à nous de le dire, les conditions de ce 0% sont éloquentes… Attention à la publicité mensongère…par omission !

C’est vrai la part communale d’imposition ne va pas variée…mais c’est bien la seule ! Tout d’abord si le taux ne change pas les bases elles évoluent par décisions gouvernementales. Continuer la lecture

Rythmes scolaires à Charenton : pour une simple modification de l’organisation de temps scolaire sur 4 jours ½ !

Entre le 14 et le 20 décembre, la ville de Charenton propose aux parents d’élèves de choisir entre 2 modalités d’organisation du temps scolaire : soit le statuquo d’une semaine à 4 jours ½ sans aucune modification, soit le retour à 4 jours d’école par semaine.

Une troisième option est possible

Notre groupe défend pourtant une troisième option qui éviterait de tout chambouler une nouvelle fois. Elle tiendrait compte des préoccupations des parents et des enseignants. C’est celle d’adapter l’organisation actuelle (sur 4 jours ½) en réduisant les pauses méridiennes de 2h à 1h30 les jours pleins (lundi, mardi, jeudi et vendredi). Cette option présente le mérite de journées plus courtes pour les élèves et les enseignants et va dans l’intérêt de tous :

  • Des enfants qui ont des journées d’apprentissage plus courtes et mieux réparties dans la semaine (5 matinées au lieu de 4) ;
  • Des enseignants qui voient leur présence à l’école diminuer pour se concentrer sur le temps strictement utile ;
  • De la ville et des associations qui peuvent organiser des activités périscolaires de meilleure qualité sur une période plus étendue chaque soir.

Nous dénonçons la vision purement financière qui amène certaines villes à revenir à une organisation à 4 jours créatrice d’inégalités entre les enfants. Nous appelons la municipalité Charentonnaise à ne pas faire ce choix.

Les parents doivent savoir qu’un retour à 4 jours n’aurait pas nécessairement les effets escomptés de réduction de la fatigue des enfants (par ailleurs plutôt contestée) si les journées d’école devaient commencer ¼ d’heure plus tôt et se finir plus tard chaque soir selon le modèle soumis au vote par la municipalité de Charenton.

Comme à Vincennes et Maisons-Alfort, nous invitons les parents Charentonnais à exprimer leur choix de rester sur une organisation à 4 jours ½.

Reclamons du bio pour les cantines de Charenton

Au menu dans les cantines à Charenton !

La qualité de l’alimentation est une préoccupation majeure des Français. Les récents scandales sur l’origine douteuse de certains aliments ou les révélations sur leur contamination par des pesticides aux effets néfastes sont particulièrement anxiogènes. Il est donc de la responsabilité des élus locaux de proposer des repas d’une qualité irréprochable dans les cantines des écoles, crèches ou maisons de retraite dont ils ont la charge.

A Charenton, si des efforts sont faits sur l’équilibre nutritionnel des repas, il existe une marge de progression énorme pour améliorer la qualité des repas servis. Cependant, la majorité municipale ne semble pas décidée à s’engager dans cette voie !

La préparation des repas servis dans les cantines de Charenton mérite d’être revue

Aujourd’hui, les repas dans les cantines des écoles sont fabriqués à plus de 40 km de Charenton, 2 à 4 jours avant d’être consommés, ce qui est loin d’être optimal pour garantir une qualité nutritive des aliments et assurer un impact minimum sur l’environnement (transport, maintien de la chaîne du froid, emballages). De même, à l’heure où la plupart des villes voisines introduisent une part de bio dans les repas et/ou une obligation d’utilisation de produits locaux, à Charenton, la ville ne souhaite pas en faire une priorité.

Reclamons du bio pour les cantines de Charenton

Il nous semble, au contraire, urgent de travailler à la relocalisation de la préparation des repas, par exemple en développant un partenariat avec une ou plusieurs des villes voisines, pour que les repas soient préparés à proximité et le jour même de leur consommation, avec un cahier des charges plus stricte sur la qualité et la provenance des aliments utilisés.

Décidément, la sauvegarde du pouvoir d’achat des Charentonnais, ce n’est pas votre truc !

Intervention de Gilles-Maurice BELLAÏCHE, au nom du groupe « Charenton Avant Tout », lors du débat portant sur l’approbation du compte administratif 2014 de la commune de Charenton, le 25 juin 2014.

Charenton n’a jamais été aussi riche

Merci, Monsieur le Président. Mes chers collègues, voilà le compte administratif de l’année 2014. Vous le savez, c’est cette année qui a suivi 2013, année pré-électorale qui a connu toutes les largesses et tous les excès. Aujourd’hui, à travers ce compte administratif, vous revenez sur terre, et le retour à la réalité est incroyablement stupéfiant. Notre ville, au bord de la précarité budgétaire selon vous, n’a pourtant jamais été aussi riche. Cela ne vous a pas empêché et ne vous empêchera pas non plus pour 2015, de procéder à ce qu’on pourrait appeler des attaques en règle sur le pouvoir d’achat des Charentonnais et de nous présenter, de surplus, une baisse drastique des investissements.

Avant tout, il nous faut apprécier l’évolution des recettes de fonctionnement pour 2014. Et bien oui, mes chers collègues : elles augmentent. Cette augmentation, sur un budget de fonctionnement de près de 52 M€, est de 10,77 % entre 2013 et 2014. Elle est essentiellement due à l’augmentation des impôts et taxes qui progressent, eux, de 9,22 %. S’il est vrai qu’il y a une légère baisse des dotations de l’Etat, elle est largement compensée par l’augmentation des bases fiscales décidée par ce même Etat et, une fois de plus, par un apport exceptionnel lié à une cession immobilière sur la ville. En définitive, et même si on enlève 2 M€ rattachés au compte de recettes, qui sont simplement le rachat des actions que vous aviez placées à la CAISSE D’EPARGNE, la progression globale des recettes de fonctionnement est de l’ordre de 3 M€. D’un autre côté, nos charges de fonctionnement, elles, évoluent de moins de 2 %, pour augmenter de moins de 1 M€.

Les familles mises à contribution

Comme, d’un seul coup, tout le mouvement de ceux que vous appelez « les maires en colère contre la paupérisation des collectivités locales » perd de sa splendeur et de sa crédibilité ! Comment faites-vous pour augmenter à ce point nos recettes ? Mesdames et Messieurs, comme nous en avons maintenant l’habitude venant de votre majorité, ce sont les familles qui sont d’abord mises à contribution. Dans un pays où l’inflation est inférieure à 1 %, ce n’est pas moins de 5 % d’augmentation, soit près de 100 000 € supplémentaires, pour les redevances à caractère sociale (compte 7070) payées par les familles. C’est près de 10 % d’augmentation des redevances des services périscolaires (compte 7067), qui augmentent aussi de l’ordre de 100 000 € et qui sont toujours à la charge des familles. Nous comprenons qu’à l’inverse de développer les services à la population, vous n’avez eu de cesse que de les restreindre. Nous vous apportons une nouvelle fois la preuve qu’en plus, vous continuez à augmenter les tarifs considérablement. Décidément, la sauvegarde du pouvoir d’achat des Charentonnais, ce n’est pas votre truc !

Il n’y a cependant pas que les familles qui trinquent. Avec tout autant d’augmentation, soit près de 100 000 €, les droits de stationnement et de voirie s’envolent, eux, de plus de 14 %. De plus, la manne immobilière vient conforter vos recettes, avec une augmentation de plus de 51 % de la taxe additionnelle de droits de mutation (compte 7381). S’il est vrai qu’elle correspond à une nouvelle opération immobilière exceptionnelle, vous reconnaîtrez avec nous que quand l’exceptionnel se reproduit un an sur deux, il ne s’agit plus d’exceptionnel. Au compte 1342, c’est-à-dire les amendes de police, et même si vous allez me répéter que la formule de reversement au profit de la Ville est complexe, nous constaterons ensemble que cette complexité, comme par hasard, vous a permis d’en faire baisser le montant en 2013, toujours à la veille de cette fameuse année 2014 ; baisser de 60 %, pour reprendre sa hausse vertigineuse de 49,99 % entre 2013 et 2014. Il s’agit là, bien sûr, d’un hasard.

La réduction des services publics est une hausse déguisée des impôts

Ce confort financier de la Ville, vous prévoyez de l’étendre davantage, encore une fois au mépris du pouvoir d’achat des Charentonnais, en choisissant l’extension de la zone de stationnement payant ; nous le verrons tout à l’heure. Vous reniez, au passage, un engagement pris lors de la création de la Zone Bleue, qui était destinée aux quartiers les moins favorisés de la Ville. Nous venons de le voir dans un précédent dossier : toujours à la recherche d’impôts nouveaux et de taxations supplémentaires, vous voilà devenus « Hollandais ». Alors que votre discours a dénoncé l’inflation des impôts en France, voilà que l’année de baisse des impôts nationaux, notamment par la suppression de la première tranche de l’impôt sur les particuliers, qui devrait concerner près de 9 millions de Français, dont des Charentonnais, voilà que votre majorité vient de voter la création d’une imposition supplémentaire qui devrait rapporter 72 000 € à la Ville, avec l’adoption de la majoration de 20 % de la taxe d’habitation.

Côté investissement, comme nous l’avions prédit lors des précédents débats budgétaires, cette section revient à la normalité. Des investissements habituels de la Ville. Mais c’est vrai qu’en 2013, il fallait préparer ces élections municipales ! En 2014, bien réélus, vous avez estimé qu’il n’était plus la peine de faire des investissements pharaoniques. Tout ceci nous ramène, d’une année sur l’autre, à une baisse des investissements de la Ville de près de 50 %. Vous avez bien entendu : 50 % d’une année sur l’autre, ce qui, vous le reconnaîtrez, est quand même particulièrement caricatural. Surtout quand on constate qu’entre 2012 et 2013, nous avions assisté à une augmentation de 205 % des dépenses d’investissement. Ce « yoyo » des investissements pour motif électoral aboutit à une dépense d’investissement de 12,5 M€ en 2012, 26 M€ en 2013 et 11 M€ en 2014 ; mais ce ne doit encore être qu’un effet du hasard. Il n’y a que nous pour y voir une manœuvre politicienne et électoraliste. L’emprunt primitif de près de 5 M€, tout de même, n’a pas eu besoin d’être mobilisé : notre capacité à faire n’a donc pas besoin d’emprunt. A Charenton, on paye cash !

A la suite de cette démonstration, qui n’est qu’une lecture, certes différente de la vôtre, mais une simple lecture des comptes qui nous sont présentés, vous comprendrez notre exaspération à vous entendre ressasser la baisse, toujours prochaine, des recettes de la Ville. Dans ce cadre budgétaire plus que favorable, notre opposition politique est due au fait qu’aucun service supplémentaire n’est prévu en contrepartie ; pire, vous prévoyez d’en supprimer. En 2015, vous avez d’ores et déjà anéanti le service social. Il n’y aura plus de Fête des Familles, plus de Boum de l’Eté, plus d’aides au voyage pour les élèves du secondaire. Vous pratiquez l’abandon des jeunes adultes dans un service dit de médiation, en ne lui attribuant quasiment aucun budget ; et la liste est encore longue.

Vous ne cessez de vous plaindre de ces fameuses baisses de dotations, mais les chiffres parlent d’eux mêmes : Charenton est loin de la ruine. Au contraire, Charenton est de plus en plus riche. Dans la période que nous connaissons, nous condamnons cette schizophrénie et ces mensonges distillés à longueur de plaintes et de discours. Charenton aurait pu, en 2014, préserver et améliorer le pouvoir d’achat de ses habitants. Votre majorité préfère le clinquant pré-électoral et la diète une fois réélue. Nous dénonçons cette façon de faire et d’induire en erreur nos concitoyens. Nous voterons contre cette exécution budgétaire, mais je vous remercie de votre attention.

Gilles-Maurice Bellaïche