Archives de catégorie : Conseil Municipal

Interventions des élus « Charenton Avant Tout » lors du Conseil Municipal

La délégation des crèches municipales n’apportera rien de positif pour les Charentonnais

Lors du Conseil Municipal du 27 juin 2018, la majorité proposait de recourir à une délégation de service public (DSP) pour l’exploitation de la future crèche multi-accueil Paris. Cette crèche devrait ré-ouvrir prochainement dans le quartier de l’Hôtel de Ville, suite à sa fermeture en 2017 en raison d’un incendie.

Intervention de Loïc RAMBAUD en séance du 27 juin 2018

Monsieur le Maire,
en accompagnement de la présente délibération qui est soumise au vote et qui nous propose de recourir à une concession pour la crèche multi-accueil Paris, qui rouvrira en 2019, comme le précisait Madame KADOUCH, il y a un rapport riche en informations. J’espère d’ailleurs que mes collègues, au sein de ce Conseil, en ont pris connaissance, car il est fort intéressant.

Qu’apprend-on dans ce rapport ?
Que le service Petite Enfance de la Ville de Charenton est exemplaire, qu’il offre une prestation et un fonctionnement de qualité ; les utilisateurs de ce service en sont tout à fait satisfaits. On y apprend que le personnel municipal qui y travaille est d’une qualité et d’une expérience remarquables, et qu’il existe même un pool de remplaçants qui permet de pallier les imprévus ou d’améliorer, le cas échéant, le taux d’encadrement des enfants, un peu comme une cerise sur le gâteau, en quelque sorte. En matière économique et budgétaire, le service est tout à fait comparable à ce que l’on peut retrouver ailleurs, dans d’autres villes. On peut même y trouver une marge de progression qui pourrait nous permettre de réaliser quelques économies – cela fait partie des recommandations qui sont faites par ESPELIA (ndlr le cabinet qui conseille la municipalité sur ce point) en développant la fonction accueil occasionnel et en augmentant le taux de facturation. Si je souligne ce point, c’est notamment pour dire que le coût de revient de ce service pourrait être réduit, et donc lorsqu’on utilise le coût pour inciter à une Délégation de Service Public, on pourrait peut-être d’abord travailler à la réduction de ce coût.

À l’inverse, dans le rapport, et c’est tout à son honneur, on peut lire que l’expérience de la mise en délégation du multi-accueil Bleu à Charenton a été quelque peu difficile, que de nombreux mécontentements se sont exprimés de la part de parents, et que même la Ville aurait des choses à redire, par exemple sur la qualité des recrutements réalisés. Certes, aujourd’hui, cela semble aller un peu mieux (au 30/10/2018 ce n’est finalement pas le cas), mais le constat est posé que les objectifs qualitatifs qui figuraient dans le contrat n’étaient probablement pas assez contraignants et qu’ils n’ont pas permis d’apporter l’assurance d’un service de qualité pour les Charentonnais.

Le plus ironique dans tout cela, c’est que l’un des arguments avancés pour la mise en DSP semble être de faire bénéficier les Charentonnais du savoir-faire reconnu d’une grande entreprise privée, alors qu’en réalité, cette entreprise semble loin d’être en capacité d’égaler la qualité de service proposée par le personnel municipal de la Petite Enfance.

Nous devons donc nous prononcer ce soir sur la possibilité de recourir, encore une fois, à une mise en DSP, cette fois pour le multi-accueil Paris. Nous allons nous prononcer contre cette délibération, car nous ne pensons pas que cette mise en DSP puisse apporter quoi que ce soit de positif pour les Charentonnais.

Notre vision du rôle d’une Municipalité est de faciliter la vie des citoyens, en leur proposant des services publics dequalité et efficaces. Alors oui, cela nécessite l’utilisation de l’impôt, payé par tous, pour financer le service de quelques-uns. C’est ce principe qui veut que tout un chacun puisse bénéficier, à un moment donné, d’un service au sein de sa commune. C’est ce qui augmente l’attractivité d’une ville et permet à ses habitants de s’y sentir bien, et l’on sait à quel point c’est important à Charenton, puisque la ville a été classée, notamment, dans le top des villes où il fait bon vivre, encore récemment. Un service public de haut niveau augmente donc la qualité de vie des familles et l’attractivité du territoire.

Ce que je vous décris là ressemble à la situation actuelle de Charenton, et votre choix de recourir à une DSP qui, je suis sûr, aura des suites – on a eu le multi-accueil Bleu, maintenant on a le multi-accueil Paris, on ne voit pas ce qui pourrait vous empêcher d’aller dans la même direction pour les autres structures – ce choix ne prend pas le bon chemin pour permettre de maintenir un service de qualité au bénéfice des Charentonnais.

En effet, votre logique nous semble purement comptable, vous ne voyez pas la réduction de la qualité, mais plutôt la grosse économie que vous allez réaliser. Cette attitude, nous ne la cautionnons pas, et en allant dans cette direction vous allez fragiliser le service municipal en place ; en réduisant progressivement le nombre de structures municipales, vous mettrez en péril le maintien des compétences acquises par le personnel, et c’est la qualité de service rendu qui se dégradera inexorablement. Je comprends votre intérêt particulier à vouloir à tout prix réduire le coût de fonctionnement de la ville dans le contexte actuel des réductions de dotations de fonctionnement, mais il faut aussi accepter le fait qu’une ville se doit de proposer des services municipaux de qualité et que cela représente un coût minimum qu’il est dangereux de vouloir rogner à tout prix. Un service public de la Petite Enfance est possible à Charenton, et ceci sans tomber dans la gabegie.

Merci.

le Syctom doit réviser sa copie pour l’incinérateur d’Ivry

Lors de la présentation de ce nouveau projet d’incinérateur à Ivry, Mme Magne signalait les réserves émises par l’autorité environnementale. Elle a bien raison d’en parler car elles sont nombreuses. Mais ce que Mme Magne oublie de nous dire c’est que dans son ensemble, l’avis de l’autorité environnementale sur ce projet est défavorable ! Cela n’est pas anecdotique.

Des hypothèses erronées

Ce projet de nouvel incinérateur est basé sur une hypothèse de gisement de déchets qui est largement surestimée. La différence entre l’estimation du SYCTOM retenue pour dimensionner le projet et celle des associations, reprise par l’autorité environnementale, est de 400 000 tonnes de déchets par an. Sur un total de 720 000 tonnes à long terme, la différence n’est pas une paille. Ce projet ne tient pas compte des objectifs de réduction des déchets qui sont fixées par la loi de transition énergétique pour une croissance verte, il est donc en quelques sortes illégal. Cette loi fixe un objectif de 55 % des déchets recyclés en 2020 alors que le SYCTOM fixe lui un objectif de 27 % en … 2025. On est donc loin du compte. Ce qui risque de se passer à moyen ou long terme, c’et que le gisement de déchets produits par les communes adhérentes au SYCTOM ne soit plus suffisant et qu’il faille alors que le SYCTOM importe des déchets de l’extérieur pour faire fonctionner l’usine. Ce serait une aberration !

Le flou du projet d’unité de valorisation organique

De plus, ce projet de nouvel incinérateur contient, dans sa troisième tranche, une unité de valorisation organique dont on peine à comprendre les contours et objectifs. Lors de la commission PADT du 15 mai 2018, Mme Magne nous parlait d’un système de tri des déchets organique. Or la loi de transition énergétique impose qu’un tri à la source des biodéchets soit mis en place en 2025. Que triera donc cette unité de tri, qui devrait être opérationnelle en 2027, soit 2 ans après la mise en place du tri à la source ? Ensuite, Mme Magne nous explique qu’il n’y aura pas de compostage, et pas de méthanisation non plus. Mais que fera donc cette unité de valorisation organique ? Il est difficile d’en savoir plus, et donc difficile d’approuver le projet en l’état.

Voilà donc beaucoup de raisons qui nous pousseront à voter contre ce projet. Le SYCTOM doit revoir sa copie pour se mettre en conformité avec la loi de transition énergétique.

Intervention de Loïc RAMBAUD lors du conseil municipal de Charenton-le-Pont le 23 mai 2018

Baisse des subventions aux associations Charentonnaises !

Baisse des subventions

Pour commencer, un premier constat inévitable : les enveloppes allouées aux associations diminuent. -10% pour les associations à destination des seniors ou à visée sociale, -6% pour les associations culturelles… et même les associations sportives, certes dans une moindre mesure, voient leur enveloppe baisser.

Sur le sport justement, cette année inaugurait l’attribution par critérisation. Dire que les débuts sont timides serait un euphémisme. Bien sûr on entend la nécessité d’amortir ce changement pour ne pas bouleverser les associations dans leur fonctionnement, mais là, à mon avis, elles risquent de ne même pas s’en apercevoir ou alors de le regretter. Car pour 70% d’entre elles, lorsque les subventions ne stagnent pas elles baissent.

Enfin si la critérisation met du temps à se mettre en place au niveau des sports, elle est totalement inexistante dans le domaine de la culture où l’attribution des subventions aux associations se fait en l’absence de toute logique. Dans ce secteur, vous choisissez donc d’attribuer 1500€ à une association qui dispose de + de 200 000€ en trésorerie, alors que les petites associations au budget tendu mais qui compte néanmoins de nombreux adhérents charentonnais doivent se contenter de toutes petites subventions.

Nous regrettons donc une fois de plus l’attribution des subventions qui ne répond à aucune logique mais est simplement systématique.

Prise de parole d’Alison UDDIN lors du Conseil Municipal du 23 mai 2018

Budget Primitif de Charenton – Intervention de GM Bellaïche devant le Conseil Municipal du 11 avril 2018

Mes chers collègues,

J’ai failli commencer cette intervention par un satisfecit sur la nouvelle notoriété nationale, voire même internationale, de notre ville. Quel média n’a pas parlé de Charenton ces dernières semaines ?

Vous l’aurez noté, deux sujets ont occupé la presse concernant notre ville : d’une part le projet Charenton-Bercy et d’autre part le stationnement payant des deux roues. Nous avons, lors du précédent Conseil, indiqué quelles étaient nos ambitions, souvent partagées, pour le projet de Bercy.

Mais reconnaissez que ce qui a fait le plus parler de notre ville est le stationnement payant des deux roues et le fait que nous soyons les 1ers en France à le faire.

Alors être les pionniers, pourquoi pas ?

Mais, et c’est à l’image de ce que nous allons dérouler tout au long de ce débat, être les premiers sur un nouvel impôt, non pardon et c’est toute la subtilité de votre gestion, pas un nouvel impôt mais une nouvelle charge imposée, je m’en serai bien passé.

Car, c’est ainsi qu’est construit l’architecture de ce Budget Primitif 2018.

D’un côté Charenton Magazine annonçant, à la manière des publicités sur les crédits voitures, 0% d’augmentation des impôts et après en petit, mais comme vous ne prenez même pas la peine de le faire c’est à nous de le dire, les conditions de ce 0% sont éloquentes… Attention à la publicité mensongère…par omission !

C’est vrai la part communale d’imposition ne va pas variée…mais c’est bien la seule ! Tout d’abord si le taux ne change pas les bases elles évoluent par décisions gouvernementales. Continuer la lecture

Pour les cantines Charentonnaises, la municipalité peut mieux faire !

Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,

Mon groupe « Charenton Avant Tout » a déjà eu l’occasion d’exprimer à maintes reprises sa volonté de voir s’améliorer la qualité des repas proposés au sein des cantines gérées par la municipalité. Je crois que nous serons tous d’accord dans cette assemblée pour dire qu’il est impératif de proposer à nos enfants et à nos ainés une offre alimentaire qui soit saine et équilibrée.

Un peu de bio dans les assiettes, un bon début !

Dans la proposition d’accord cadre que vous nous soumettez à délibération, nous notons que des efforts ont été faits sur l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique française et d’aliments produits en circuits courts. Il aura tout de même fallu plusieurs interventions de notre part, et l’action coordonnée des associations de parents d’élèves de la ville, pour que vous preniez enfin la mesure des attentes qui étaient exprimés par les Charentonnais. Récemment encore vous nous opposiez l’argument du coût pour justifier votre refus d’introduire du bio dans l’alimentation des enfants. Nous nous réjouissons donc que vous ayez changé d’avis et que vous inscriviez Charenton parmi les villes qui introduisent du bio dans l’alimentation proposée dans les cantines municipales.
Avec le bio, il ne s’agit pas tant de répondre à un effet de mode qu’à une réelle préoccupation de santé publique sur les effets provoqués par les multiples substances chimiques que l’on retrouve trop souvent dans les aliments. Nous aurions donc souhaité qu’une part plus large soit accordée aux produits biologiques.

La cuisine centrale de Créteil-Alfortville

Réorganiser la production des repas pour en améliorer la qualité

Néanmoins, il reste bien d’autres aspects de l’organisation de la production et livraisons des repas qui mériteraient d’être révisées et sur lesquels l’accord cadre proposé ce soir n’apporte aucune amélioration. Aujourd’hui les repas sont fabriqués entre 24 et 72 heures à l’avance et à plus de 40 kilomètres d’ici, nécessitant un important dispositif de stockage et transports frigorifique, très couteux en énergie, et qui nécessite l’utilisation d’une quantité invraisemblable de barquettes plastiques, fussent-elles recyclables ou biodégradables. D’un côté on veille à proposer des repas équilibrés et de l’autre on ne prête pas vraiment d’attention à la qualité gustative des repas. J’évoque ici le fait qu’un repas préparé 72 heures en avance perd forcément goût et en qualité nutritionnelle par rapport préparé le jour même.

Nous pensons que notre ville pourrait se faire l’initiatrice d’un projet de cuisine centrale, autogérée ou mis en délégation, qui pourrait être partagé avec plusieurs de nos communes voisines, par exemple au sein du territoire Paris-Est Marne et Bois. Cela se voit déjà dans de multiples communautés de communes, à droite comme à gauche. Techniquement, cela suppose de passer de la liaison froide actuellement pratiquée à Charenton, à la liaison chaude. Les avantages seraient colossaux, des repas préparés le jour même de leur consommation pour une qualité gustative et nutritionnelle préservée, des transports réduits à leur stricte minimum et donc une empreinte écologique réduite, et avec en prime des emplois crées sur notre bassin d’emploi. Nous aurions tout à y gagner.

Loïc RAMBAUD, Conseiller Municipal

Intervention prononcée lors de la séance du 7 décembre 2016 du Conseil Municipal de Charenton-le-Pont.

J-M Brétillon brise la démocratie à Charenton !

Jean-Marie Brétillon, le maire de Charenton, a-t-il perdu les pédales ?
Invectives, refus de débattre sur le fond, propos dénigrants, attaques personnelles, micro coupé, séance levée avant le terme du débat, non transmission de documents essentiels, … Voilà ce que le maire de Charenton fait « subir » aux élus des oppositions qu’ils soient de droite ou de gauche !
Tellement sûr d’être l’incarnation vivante de la ville, le voilà prêt à croire que critiquer sa gestion serait critiquer Charenton. Et bien non !
Nous aimons notre ville, mais rejetons son mode actuel de gestion,
Nous aimons notre ville, mais dénonçons le vivre ensemble que cette majorité nous propose,
Alors quand J-M Brétillon dit à ceux qui « osent » s’opposer à sa politique :« Charenton on l’aime ou la quitte », les Charentonnais qui s’opposent à sa politique, lui répondent : « nous aimons Charenton, notre ville, mais c’est la politique que vous menez qui nous déplaît : vous n’êtes pas, et ne serez jamais, Charenton ! »

20160217-Le Parisien les élus PS quitent le Conseil

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de l’intervention de G-M BELLAÏCHE, prononcée au non des élus du groupe « Charenton avant tout ! » lors du dernier Conseil municipal de Charenton qui s’est tenu le 17 février 2016 :

Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s Collègues,

C’est le moment du Débat d’Orientation Budgétaire.
Moment politique s’il y en avait.

C’est l’instant où les groupes politiques peuvent exposer leurs positions sur l’existant et la route à suivre pour l’avenir. J’ai bien dit les groupes politiques, ou les élus démocratiquement installés s’ils n’ont pas de groupe.
En effet, et c’est pour nous l’occasion de saluer le bon travail de l’administration sur les documents de DOB qui nous ont été remis. Continuer la lecture

Proposition d’un voeu de la commune de Charenton pour accueillir des réfugiés de guerre

Intervention de Loïc Rambaud au Conseil Municipal de Charenton-le-Pont pour que la ville participe à l’accueil des réfugiés de guerre persécutés dans leur pays.

Nous avons tous pris connaissance, récemment, des drames humanitaires qui se jouent depuis plusieurs mois, voire depuis plusieurs ann.es, en Syrie, en Irak, en Afghanistan ou en Erythrée. Les populations de ces pays fuient la guerre, l’esclavage, la barbarie de Daesh et, tout naturellement, se tournent vers l’Europe, vers la France, dont c’est la tradition d’accueillir ces hommes et ces femmes persécutés.

L’afflux auquel sont confrontés les pays de l’Union Européenne est aujourd’hui considérable. Ces personnes ont traversé la Méditerranée au péril de leur vie et portent en nous un immense espoir d’accueil. Nous ne pouvons décemment pas les renvoyer chez elles comme si de rien n’était. Il en est de la responsabilité de chacun, partout en France, de participer à l’effort pour accueillir ces familles et de les intégrer correctement. Bien intégrées, ces familles peuvent être aussi une richesse pour la France de demain.

C’est pourquoi nous souhaitons que la Commune de Charenton participe également à cet effort, comme plusieurs communes de tous bords politiques l’ont déjà fait, en accueillant quelques familles de réfugiés, en mettant à disposition des moyens matériels ou financiers, en développant des partenariats avec des associations ou des familles pour participer à cet effort d’accueil. A cet effet, nous vous proposons donc de voter ce voeu.

[gview file= »http://www.charentonavanttout.fr/wp-content/uploads/2015/12/D_-_Voeu_CAT-14-10-2015.pdf » save= »1″]

Après débat, le voeu a été rejeté à la majorité 30 voix contre « groupe Charenton Demain » et 5 voix pour groupes « Charenton AvantTout », « Pour Charenton, l’Humain et l’écologie » et « Charenton Ambition ».

Décidément, la sauvegarde du pouvoir d’achat des Charentonnais, ce n’est pas votre truc !

Intervention de Gilles-Maurice BELLAÏCHE, au nom du groupe « Charenton Avant Tout », lors du débat portant sur l’approbation du compte administratif 2014 de la commune de Charenton, le 25 juin 2014.

Charenton n’a jamais été aussi riche

Merci, Monsieur le Président. Mes chers collègues, voilà le compte administratif de l’année 2014. Vous le savez, c’est cette année qui a suivi 2013, année pré-électorale qui a connu toutes les largesses et tous les excès. Aujourd’hui, à travers ce compte administratif, vous revenez sur terre, et le retour à la réalité est incroyablement stupéfiant. Notre ville, au bord de la précarité budgétaire selon vous, n’a pourtant jamais été aussi riche. Cela ne vous a pas empêché et ne vous empêchera pas non plus pour 2015, de procéder à ce qu’on pourrait appeler des attaques en règle sur le pouvoir d’achat des Charentonnais et de nous présenter, de surplus, une baisse drastique des investissements.

Avant tout, il nous faut apprécier l’évolution des recettes de fonctionnement pour 2014. Et bien oui, mes chers collègues : elles augmentent. Cette augmentation, sur un budget de fonctionnement de près de 52 M€, est de 10,77 % entre 2013 et 2014. Elle est essentiellement due à l’augmentation des impôts et taxes qui progressent, eux, de 9,22 %. S’il est vrai qu’il y a une légère baisse des dotations de l’Etat, elle est largement compensée par l’augmentation des bases fiscales décidée par ce même Etat et, une fois de plus, par un apport exceptionnel lié à une cession immobilière sur la ville. En définitive, et même si on enlève 2 M€ rattachés au compte de recettes, qui sont simplement le rachat des actions que vous aviez placées à la CAISSE D’EPARGNE, la progression globale des recettes de fonctionnement est de l’ordre de 3 M€. D’un autre côté, nos charges de fonctionnement, elles, évoluent de moins de 2 %, pour augmenter de moins de 1 M€.

Les familles mises à contribution

Comme, d’un seul coup, tout le mouvement de ceux que vous appelez « les maires en colère contre la paupérisation des collectivités locales » perd de sa splendeur et de sa crédibilité ! Comment faites-vous pour augmenter à ce point nos recettes ? Mesdames et Messieurs, comme nous en avons maintenant l’habitude venant de votre majorité, ce sont les familles qui sont d’abord mises à contribution. Dans un pays où l’inflation est inférieure à 1 %, ce n’est pas moins de 5 % d’augmentation, soit près de 100 000 € supplémentaires, pour les redevances à caractère sociale (compte 7070) payées par les familles. C’est près de 10 % d’augmentation des redevances des services périscolaires (compte 7067), qui augmentent aussi de l’ordre de 100 000 € et qui sont toujours à la charge des familles. Nous comprenons qu’à l’inverse de développer les services à la population, vous n’avez eu de cesse que de les restreindre. Nous vous apportons une nouvelle fois la preuve qu’en plus, vous continuez à augmenter les tarifs considérablement. Décidément, la sauvegarde du pouvoir d’achat des Charentonnais, ce n’est pas votre truc !

Il n’y a cependant pas que les familles qui trinquent. Avec tout autant d’augmentation, soit près de 100 000 €, les droits de stationnement et de voirie s’envolent, eux, de plus de 14 %. De plus, la manne immobilière vient conforter vos recettes, avec une augmentation de plus de 51 % de la taxe additionnelle de droits de mutation (compte 7381). S’il est vrai qu’elle correspond à une nouvelle opération immobilière exceptionnelle, vous reconnaîtrez avec nous que quand l’exceptionnel se reproduit un an sur deux, il ne s’agit plus d’exceptionnel. Au compte 1342, c’est-à-dire les amendes de police, et même si vous allez me répéter que la formule de reversement au profit de la Ville est complexe, nous constaterons ensemble que cette complexité, comme par hasard, vous a permis d’en faire baisser le montant en 2013, toujours à la veille de cette fameuse année 2014 ; baisser de 60 %, pour reprendre sa hausse vertigineuse de 49,99 % entre 2013 et 2014. Il s’agit là, bien sûr, d’un hasard.

La réduction des services publics est une hausse déguisée des impôts

Ce confort financier de la Ville, vous prévoyez de l’étendre davantage, encore une fois au mépris du pouvoir d’achat des Charentonnais, en choisissant l’extension de la zone de stationnement payant ; nous le verrons tout à l’heure. Vous reniez, au passage, un engagement pris lors de la création de la Zone Bleue, qui était destinée aux quartiers les moins favorisés de la Ville. Nous venons de le voir dans un précédent dossier : toujours à la recherche d’impôts nouveaux et de taxations supplémentaires, vous voilà devenus « Hollandais ». Alors que votre discours a dénoncé l’inflation des impôts en France, voilà que l’année de baisse des impôts nationaux, notamment par la suppression de la première tranche de l’impôt sur les particuliers, qui devrait concerner près de 9 millions de Français, dont des Charentonnais, voilà que votre majorité vient de voter la création d’une imposition supplémentaire qui devrait rapporter 72 000 € à la Ville, avec l’adoption de la majoration de 20 % de la taxe d’habitation.

Côté investissement, comme nous l’avions prédit lors des précédents débats budgétaires, cette section revient à la normalité. Des investissements habituels de la Ville. Mais c’est vrai qu’en 2013, il fallait préparer ces élections municipales ! En 2014, bien réélus, vous avez estimé qu’il n’était plus la peine de faire des investissements pharaoniques. Tout ceci nous ramène, d’une année sur l’autre, à une baisse des investissements de la Ville de près de 50 %. Vous avez bien entendu : 50 % d’une année sur l’autre, ce qui, vous le reconnaîtrez, est quand même particulièrement caricatural. Surtout quand on constate qu’entre 2012 et 2013, nous avions assisté à une augmentation de 205 % des dépenses d’investissement. Ce « yoyo » des investissements pour motif électoral aboutit à une dépense d’investissement de 12,5 M€ en 2012, 26 M€ en 2013 et 11 M€ en 2014 ; mais ce ne doit encore être qu’un effet du hasard. Il n’y a que nous pour y voir une manœuvre politicienne et électoraliste. L’emprunt primitif de près de 5 M€, tout de même, n’a pas eu besoin d’être mobilisé : notre capacité à faire n’a donc pas besoin d’emprunt. A Charenton, on paye cash !

A la suite de cette démonstration, qui n’est qu’une lecture, certes différente de la vôtre, mais une simple lecture des comptes qui nous sont présentés, vous comprendrez notre exaspération à vous entendre ressasser la baisse, toujours prochaine, des recettes de la Ville. Dans ce cadre budgétaire plus que favorable, notre opposition politique est due au fait qu’aucun service supplémentaire n’est prévu en contrepartie ; pire, vous prévoyez d’en supprimer. En 2015, vous avez d’ores et déjà anéanti le service social. Il n’y aura plus de Fête des Familles, plus de Boum de l’Eté, plus d’aides au voyage pour les élèves du secondaire. Vous pratiquez l’abandon des jeunes adultes dans un service dit de médiation, en ne lui attribuant quasiment aucun budget ; et la liste est encore longue.

Vous ne cessez de vous plaindre de ces fameuses baisses de dotations, mais les chiffres parlent d’eux mêmes : Charenton est loin de la ruine. Au contraire, Charenton est de plus en plus riche. Dans la période que nous connaissons, nous condamnons cette schizophrénie et ces mensonges distillés à longueur de plaintes et de discours. Charenton aurait pu, en 2014, préserver et améliorer le pouvoir d’achat de ses habitants. Votre majorité préfère le clinquant pré-électoral et la diète une fois réélue. Nous dénonçons cette façon de faire et d’induire en erreur nos concitoyens. Nous voterons contre cette exécution budgétaire, mais je vous remercie de votre attention.

Gilles-Maurice Bellaïche

Budget Primitif : nous sommes des défenseurs du service public, vous semblez vous considérer comme des prestataires de service !

Intervention de Gilles-Maurice Bellaïche lors du Conseil Municipal de Charenton-le-Pont, le jeudi 9 avril 2015, au nom du groupe Charenton Avant Tout.

Monsieur le Maire,
mes chers collègues.

Tout d’abord, je souhaiterais que nous nous mettions d’accord sur une méthode : soit nous portons l’analyse de notre budget primitif sur le budget primitif précédent – là, nous avons de quoi procéder à une étude sérieuse, car nous avons les deux budgets primitifs entre nos mains – soit nous la portons sur l’exécution du budget 2014 – et là, nous n’avons rien et devons vous croire sur parole. Alors que dans certains secteurs, les commissions ont pu analyser le rapport entre le budget primitif 2015 et l’exécution budgétaire 2014, dans la plupart de ces commissions, ce parallèle n’était pas fait. Il nous a été dit que tel poste baissait en fonction de la réalisation de l’année précédente, mais nous n’avons pas pu en juger par nous-mêmes. Il est nécessaire et indispensable que nous soyons à armes égales, dans ce débat. Notre analyse sera donc au regard du budget primitif précédent. Nous vous invitons, à l’avenir, à être plus transparents et à nous communiquer les éléments de l’exécution budgétaire, si tel était votre choix pour définir le budget.

Lors du dernier débat d’orientation budgétaire, qui s’est tenu en février dernier, j’ai été personnellement interpelé par Monsieur le Maire-Adjoint chargé des sports sur les prétendues évolutions en matière budgétaire. Je suis sûr qu’il a apporté avec lui les références de ses citations ou, bien sûr, qu’il aura à cœur de me présenter ses excuses pour ce que je considère comme des fausses allégations. Mais puisqu’il m’apostrophait sur trois points, je vous propose, au regard de ce budget, de les analyser avec sérieux et sans « on dit ». Continuer la lecture

Dotations de l’état aux collectivités territoriales, la position du groupe « Charenton Avant Tout ! »

Intervention de Gilles-Maurice Bellaïche lors du conseil municipal du jeudi 16 octobre 2014 au sujet d’une motion de soutien à l’action de l’Association des Maires de France pour alerter solennellement les pouvoirs publics sur les conséquences de la baisse massive des dotations de l’état.

Comme je l’ai dit hier soir en Communauté de communes, je croyais que le vœu que nous partagions tous était celui d’aller dans le sens du retour vers un équilibre des comptes publics. Il semblerait que ce soit toujours les autres qui doivent payer, mais jamais nous-mêmes. Dans d’autres endroits, vous le savez, nous sommes beaucoup plus impactés par la baisse des dotations globales de l’Etat ; en même temps, je crois qu’il faut que chacun en prenne sa part.

Le principal reproche que je fais à ce vœu, c’est que c’est un vœu de plainte et non de proposition. On devrait, à travers ce vœu, s’exonérer de la nécessaire baisse des dépenses publiques au niveau de l’Etat. De plus, le but de cette baisse de la DGF, comme son nom l’indique (Dotation Globale de Fonctionnement), est de tenter de faire baisser les dépenses de fonctionnement des communes.

Si vous l’avez entendu, à Créteil dans le Val-de-Marne, le Premier Ministre a fait des annonces sur un certain nombre de choses. Il a notamment évoqué le nouveau CPER (Contrat de Projets Etat-Région), qu’il renforcerait pour permettre aux communes de baisser considérablement moins leurs facultés d’investissement. Nous savons tous que c’est l’investissement public qui est, à 70 %, celui de la Nation. La prise de conscience a été faite – cela n’a pas été simple – sur le fait que s’il y avait une logique à demander aux collectivités territoriales, quelles qu’elles soient, de baisser leurs charges de fonctionnement, il devait y avoir un soutien à l’économie nationale à travers l’investissement. C’est ce qui a été proposé.

Le CPER étant en discussion en ce moment même, il devrait aboutir à préserver un certain nombre de capacités d’investissement. Voilà pourquoi, pour notre part, comprenant la difficulté pour les collectivités territoriales de s’adapter, nous nous abstiendrons sur ce vœu. »

Résultat du vote : La motion est adoptée, à l’unanimité des voix exprimées (4 abstentions – groupes « Charenton Avant Tout », et « Charenton Ambition ». Le groupe « Pour Charenton, l’Humain et l’Écologie » ne prend pas part au vote)